05.04.2018—08.04.2018

Grand Palais
Paris, FR

Art Paris
Frédéric Pardo
François Piron

Stand C4

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Tous les artistes, ou presque, des films de Philippe Garrel, ont pour modèle Frédéric Pardo, le meilleur ami du cinéaste. Pardo est le dandy bohème parisien des Amants réguliers (2005), chez qui les manifestants de mai 68 se réfugient à la fin des émeutes. Cette même année, Pardo accompagnait Garrel au Maroc sur le tournage du Lit de la Vierge, et tournait Home Movie, une élégie à l’actrice Tina Aumont, un film expérimental assimilé à Zanzibar, groupe informel typiquement 68 où gravitent l’écrivain Alain Jouffroy, le peintre Olivier Mosset ou la cinéaste Jackie Raynal. Frédéric Pardo a fait de la musique avec Jean-Pierre Kalfon, des performances avec Jean-Jacques Lebel, mais pour ce qui est de la peinture, il resta résolument hors du temps, utilisant la tempera ou la feuille d’or comme à la Renaissance. Pardo, selon Garrel, ne voulait montrer ses peintures qu’à ses amis, et ne chercha aucune reconnaissance. L’écrivain Jean-Jacques Schuhl le qualifia de « préraphaélite » pour son obsession anachronique des maîtres anciens ; sa peinture peut tout autant être qualifiée de psychédélique, d’orientaliste, de visionnaire, mais elle est aussi ancrée dans la pratique populaire des peintres d’affiche, à laquelle se référait Clovis Trouille, un surréaliste marginal avec lequel Pardo entretient de curieuses affinités, dont l’érotisme n’est pas la moindre.

Texte de François Piron pour Art Paris Art Fair 2018 –Un regard sur la scène française.

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